
Le contrat de professionnalisation permet d’associer formation théorique et activité en entreprise. Lorsqu’il est conclu à durée déterminée, il obéit à un régime protecteur. L’employeur ne peut pas y mettre fin avant son terme pour les mêmes motifs qu’un CDI. Par un arrêt du 20 mai 2026, la Cour de cassation rappelle la rigueur applicable à la rupture anticipée de ce type de contrat.
Le cadre : un contrat de travail à finalité de qualification
Le contrat de professionnalisation poursuit un objectif spécifique : permettre au salarié d’acquérir une qualification professionnelle par l’alternance entre formation et activité en entreprise. Il peut être conclu à durée indéterminée ou à durée déterminée.
Lorsqu’il est conclu à durée déterminée, il reste soumis aux règles de rupture anticipée du CDD. Cette qualification emporte des conséquences importantes pour l’employeur.
L’apport de l’arrêt du 20 mai 2026
Dans son arrêt du 20 mai 2026, la chambre sociale rappelle que la rupture anticipée d’un contrat de professionnalisation à durée déterminée ne peut intervenir que dans les cas prévus par la loi : accord des parties, faute grave, force majeure ou inaptitude constatée par le médecin du travail.
Un simple motif disciplinaire ne suffit donc pas. Les faits reprochés doivent être suffisamment graves pour rendre impossible le maintien du salarié dans l’entreprise jusqu’au terme du contrat.
Une rupture à préparer avec rigueur
Pour l’employeur, la difficulté porte souvent sur la qualification de la faute. Retards, absences, insuffisances professionnelles ou difficultés d’intégration ne constituent pas nécessairement une faute grave. La décision de rompre doit être précédée d’une analyse factuelle précise et documentée.
Le risque financier est réel. Une rupture anticipée injustifiée peut ouvrir droit à des dommages-intérêts au moins égaux aux rémunérations que le salarié aurait perçues jusqu’au terme du contrat, sans préjudice d’autres demandes éventuelles.
Points de vigilance
- Identifier la nature du contrat : contrat de professionnalisation à durée déterminée ou indéterminée.
- Vérifier le motif légal permettant une rupture anticipée.
- Ne pas confondre faute simple, insuffisance professionnelle et faute grave.
- Conserver les preuves des faits reprochés.
- Respecter la procédure disciplinaire lorsque la rupture repose sur une faute.
- Mesurer le risque indemnitaire avant toute décision.
L’accompagnement du cabinet
Les contrats en alternance exigent une vigilance particulière, en raison de leur finalité de formation et de leur régime de rupture. Le cabinet Axiome Avocats accompagne les employeurs dans la rédaction, la gestion et la rupture des contrats de professionnalisation. Il assiste également les alternants dans l’analyse de leurs droits en cas de rupture anticipée.
Sources
Code du travail, articles L. 1243-1 et L. 6325-1 et suivants.
Cour de cassation, chambre sociale, 20 mai 2026, n° 25-12.601.
